de Nestlé*
23/06/2008 16:32
Peter Brabeck, président de Nestlé, se «lâche» dans une interview
accordée au //Financial Times// : les OGM «sont une des technologies les
plus sûres que nous ayons jamais vues, bien plus sûres que les aliments
bio et que tout ce qui est à la mode en Europe», dénonce-t-il. Egalement
dans son collimateur : la volonté européenne de favoriser les biocarburants.
«Vous ne pouvez nourrir la planète sans les organismes génétiquement
modifiés, assène d'emblée Peter Brabeck, président de Nestlé, dans une
interview au //Financial Times//. Nous avons les moyens de rendre
l'agriculture viable à long terme. Ce que nous ne voyons pas pour le
moment, c'est la volonté politique d'y parvenir.»
A ses yeux, les craintes de l'Europe envers les risques sanitaires des
OGM ne sont pas fondées, sachant que les Américains en consomment depuis
des décennies. «Il s'agit d'une des technologies les plus sûres que nous
ayons jamais vues, bien plus sûre que les produits bio, écologiques et
tout ce qui est à la mode en Europe !»
Peter Brabeck estime quant à lui que les plantations d'aliments
«organiques», qui décrocheraient des rendements moindres que les OGM,
sont «un festin destiné à ceux qui peuvent se le permettre». A
l'inverse, les anti-OGM contestent cette idée d'un rendement supérieur
avec la dernière énergie.
*Le président de Nestlé dénonce le lobbying anti-OGM européen en
Afrique*
Le patron du leader mondial de l'agroalimentaire en profite pour
dénoncer «les pressions politiques exercées par l'Union européenne en
Afrique, pour empêcher certains des pays du continent d'utiliser des
OGM. Je ne pense pas que cela ait particulièrement aidé l'agriculture
dans ces pays, ni leurs approvisionnements.»
Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, rejette toute
accusation de pression sur l'Afrique : «Elle est libre de planter ce
qu'elle souhaite. Ceci dit, étant donné que la grande majorité de ses
exportations en matière d'agriculture sont destinées à l'Union
européenne, il est clairement dans son intérêt de tenter de rencontrer
les besoins de ce marché.»
Et de citer une étude menée par la Commission européenne, selon laquelle
seuls 21 % de la population européenne se dit prête à consommer des
aliments génétiquement modifiés. Bref, le fait que l'Afrique du Sud soit
la seule nation du continent africain à commercialiser des OGM ne
s'explique que par une simple règle commerciale. Un avis qui n'est à
l'évidence pas partagé par Peter Brabeck.
*Biocarburants : Nestlé signe la lettre d'Unilever à l'Union
européenne*
Les OGM ne sont pas l'unique cheval de bataille du président de Nestlé.
Peter Brabeck a signé une lettre, envoyée par Unilever à l'Union
européenne. En compagnie d'autres colosses de l'agroalimentaire, parmi
lesquels Cadbury, Heineken, Mars, Danone et Kellogg, ils estiment que
l'Europe ne devrait pas «précipitamment» adopter l'objectif de remplacer
10 % de carburant par du biocarburant d'ici 2020..
Selon ces grands patrons, une telle décision ne ferait qu'augmenter la
proportion de surfaces agricoles consacrées aux biocarburants en Europe
à 15 % en 2020, contre 3 % en 2006. Or, selon un rapport de la Banque
mondiale citée dans le courrier, 65 % de cette augmentation est due à la
demande accrue pour des stocks destinés à la production de biocarburant.
En réponse, Johannes Laitenberg, porte-parole de la Commission, a répété
la position de l'exécutif européen. A savoir que l'objectif en matière
de biocarburants n'alourdirait pas les pénuries alimentaires, puisqu'il
sera basé sur des standards environnementaux précis et le développement
de biocarburants à partir de sources non-alimentaires.
**Vincent Degrez**
** ***OGM: Nestlé appelle l'Union européenne à assouplir ses règles*
Il y a 10 heures
ZURICH (AFP) — Le président du groupe alimentaire suisse Nestlé, Peter
Brabeck, a appelé l'UE à assouplir ses règles sur les organismes
génétiquement modifiés (OGM), pour faire face à la montée de prix des
matières premières agricoles, dans un entretien paru lundi dans la presse.
"On ne peut pas nourrir la planète sans les organismes génétiquement
modifiés", a estimé M. Brabeck, dans un entretien au quotidien
britannique Financial Times.
"Nous avons les moyens de faire une agriculture viable à long terme",
a-t-il ajouté, regrettant le manque d'engagement politique en faveur des
OGM.
L'opposition de l'UE aux OGM a notamment favorisé le rejet de cette
technologie en Afrique, a estimé le président du géant alimentaire
helvétique.
"L'Union européenne a fait usage de pression politique pour empêcher
certains pays d'utiliser des organismes génétiquement modifiés", a-t-il
poursuivi, ajoutant que cette démarche "n'était pas forcément positive
pour l'agriculture de ces pays ni pour leurs stocks".
Les OGM sont "une des technologies les plus sûres que nous ayons jamais
vues, bien plus sûres que (les produits) biologiques ou écologiques à la
mode en Europe", a poursuivi M. Brabeck.
Le maïs MON810, conçu par le groupe agrochimique américain Monsanto, est
la seule culture OGM présente dans l'UE, essentiellement en Espagne.. Il
représente moins de 1% des surfaces de maïs cultivées en France (22.000
hectares l'an dernier).




