La ville est devenue une grande toile d'araignée sur laquelle grouillent des milliers d'individus possédant à présent huits pattes, qui leur permmettent d'assurer la multitude d'activités qu'ils font en même temps.
Cinq minutes de cuisson et tout est prêt pour le grand festin !
La ville, c'est certain, offre une palette riche en couleurs. Tout le monde y trouve son compte, et a le choix d'une multitude d'activités et de services. Tout est fait pour assouvir ses désirs, et aiguiser sa culture, et ses loisirs (comme les clubs sportifs, les bowlings, les billards et autres machines à sous.) On peut facilement boire un verre entre collègues aprés le boulot, aller commender sa pizza pendant que le linge tourne à la laverie...
De plus le quadrillage routier permet un accés facile et rapide, grâce aux grandes voies et aux métros qui vous emmènent de Gerland à la Part-Dieu en 5 minutes. En faisant ses courses, il est facile d'aller au Musée des Arts modernes, et de donner rendez-vous à son amoureux dans 2 minutes à l'autre bout de la ville.
Mais tout va vite, trop vite ! Je n'ai même pas le temps de parler à ma boulangère, tellement les gens poussent dans la file d'attente. On voit tout en un éclair pour au final ne rien approfondir. On mange vite nos repas au bistrot du coin, bien soivent seul, même si 10 autres clients vous entourent mais attendent debout que vous leur laissiez la place !!!
La nuit tous les chats sont gris....En ville, le jour aussi...
La ville est censée nous faciliter la vie? Lorsque je marche dans ces immenses et interminables rues pavées , j'ai l'impression que c'est la nuit. Même les innombrables boutiques - Etam, Defi Mode, ou Beneton - dont la vitrine éclaire le trottoire de mille feux, ne lui donne aucune couleur. Les égoûts sont pleins à craquer, et c'est seulement ça que les projecteurs éclairent.
Et pourtant la ville brille plus que les étoiles dans le ciel, que l'on ne voit d'ailleurs plus. La star y trouve son compte, mais le bambin ne verra pas le marchand de sable. Il y a quelques temps j'ai été frappée par une photographie représentant les réseaux lumineux sur les continents du monde. Tout brillait et ma petite ville me parue perdue au milieu d'une fournaise, aux retombés écologiques et économiques incendiaires.
Alors quand je vois cela, je fais comme ces milliers de gens qui me bousculent dans la rue, je rentre m'enfermer chez moi...
Bienvenu sur mon pallier, mais le reste, t'y mettra pas les pieds !
La ville plie sous le poid de l'exode rurale et sa propre sofistication. Les campagnes sont délaisseés et les villes pleines à craquées. Plus de 50% de la population mondiale vit en ville en 2007. C'est 4 fois plus qu'il y a un demi siècle. Plus les pays sont industrialisés et riches, plus les villes explosent. Malgré les services qu'elles offrent, elles sont incapables de permettrent une vie décente à tous. C'est pourquoi des centaines de tentes envahissent les places publiques grâce à des associations (comme les enfant de Don Quichotte) pluq que méritantes.
La corruption envahit la ville, les gens s'enferment chez eux et aucune relation, aucun entraide n'existent. La peur de la ville et de ses rues érige un mur entre les habitants, qui souvent, se réunissent (ou sont parqués)dans des quartiers suivant leur niveau de vie, leur couleur, ou leurs loisirs. On voit alors des quartiers chinois à New-York, des ghettos et des banlieux, les résidences chics du quartier de la Tête d'Or à Lyon, etc.
Plutôt que de sourire, les gens regardent leurs pieds dans le métro parisien. L'individualisme grandit, les mélanges et la cohésion n'existent presque plus. Des fil-barbelts entourent chaque individu, ou groupe d'individus. Les riches s'excentrent de l'enfer urbain pour ne plus y voir la pauvreté : la toile de la lâcheté et de l'individualisme se tisse... A force de vouloir trop en faire, la ville a perdu son pari.
Malgré quelques tentatives pour sortir de l'isolement, comme on peut voir avec les apéritifs entre résidents (bien souvent hypocrites et ponctués par l'instinct de marquer son territoire) personne ne cherche à se connaître.
Ayant passé plusieurs années au plein coeur de Lyon, je n'ai jamais eu la chance de connaître un seul de mes voisins de pallier... Je ne le cherchais peut-être pas non plus. Et j'aimerais bien savoir si , en ville, vous connaissez les personnes qui vivent à deux pas de votre paillasson...
-Charly-